The Crypt of Vieil-Armand

Lest we forget

 

Where the unidentified remains of twelve thousand soldiers

are buried together, regardless of their uniforms, in everlasting peace

 

Vieil-Armand. Moved, I enter your long corridor.

Seized by the cold, I shiver in the obscure light.

All around me soldiers appear to rouse as if

To listen to the sound of my passing feet.

 

O, all the glorious names of the serried ranks

Fallen on the bare earth, amid the gaping furrows

Fresh-formed by a humble peasant

During the last fleeting glimmers of a summer’s day.

 

You keep vigil over this immense and glacial crypt,

Together now, one next to the other, laid out.

After the Reaper brought you here with him,

You were no longer this rank rank or that grade.

 

Down here, the pale sunlight scarce filters through,

As once, trembling it caressed your dying faces.

You were young then, little more than eager children.

And then with hearts pure you were dead, peaceful dead.

 

Hands, pious and unknown, under the vast dome

Once scattered flowers, now long-withered.

You who keep watch over the Vieil-Armand tombs

Rise up and gaze upon this charming scene.

 

You remember the woods that rimmed the horizon

And this imposing mound, now a verdant lawn?

The birds pour out their hearts in crystal song,

The mauve-scented air hangs heavy with peace

 

Simple soldiers, now of another realm,

Pray that never again will armies war.

The prayer you make will reach the heavens, and

By a Spirit heard. That’s all it takes, for it is God.

 

Lay back and dream, men whose dawn was brief

Yet whose self-sacrifice assured us this peace.

Your vivid memory we will conserve

Until the end of time, you men of hallowed fame.

 

Profoundly touched, I leave, following the long passage.

The cold remains yet the shadows are no longer dark.

All around me, I sense the soldiers on alert

To listen to the grieving sounds of my parting steps

Photo Serge Nueffer

En Français

LA CRYPTE DE VIEIL-ARMAND (Vosges) -

Pour que l'on n'oublie pas

 

   

 

Vieil Armand. Émue, j'entrai dans le long couloir.

Le froid m'accueillit. Je frémis dans l'ombre noire.

Tout autour de moi, les soldats se soulevaient

Pour écouter, de mes pas, les bruits qui passaient.

 

Ô tous ces noms glorieux de tous ces bataillons

Tombés sur le sol nu où béaient les sillons

Qu'un modeste paysan venait de tracer,

Aux dernières lueurs d'une journée d'été.

 

Vous veillez dans cette immense crypte glacée,

Unis, les uns contre les autres allongés.

Quand le Faucheur avec lui vous a emmenés,

Vous n'étiez plus secondes classes ni gradés.

 

Ici, le pâle soleil pénètre tremblant

Qui déjà caressait vos visages mourants.

Vous étiez jeunes. Vous étiez enfants encor

Et là, doucement, le coeur pur, vous êtes morts.

 

Des mains pieuses et inconnues ont déposés,

Sous le vaste dôme, des fleurs déjà fanées.

Vous qui veillez dans les tombeaux de Vieil-Armand,

Levez-vous et regardez ce cadre charmant.

 

Vous rappelez-vous ces bois barrant l'horizon

Et ce grand tertre tout couvert d'un doux gazon?

Les oiseaux égrènent leur coeur en notes claires,

Une odeur de mauve et de paix flotte dans l'air.

 

Humbles soldats, maintenant d'un autre univers,

Priez afin qu'il n'y ait jamais plus de guerre.

Cette prière que vous faites des cieux,

Un Esprit l'entend, cela suffit car c'est Dieu.

 

Reposez, rêvez, hommes dont l'aube fut brève

et dont l'immolation nous assura la trève.

Votre souvenir vivant, nous conserverons

Jusqu'à la fin du monde, glorieux bataillons.

 

Émue, je repartis suivant le long couloir.

 

Il faisait froid mais l'ombre n'était plus noire.

Tout autour de moi, les soldats étaient levés

Pour écouter de mes pas, les bruits attristés.